Samedi 4 juillet 2009



D'une élection à l'autre : avec 27,7 % des suffrages exprimés au dernier scrutin européen, l'UMP a enregistré un recul limité (3,5 points) par rapport au score recueilli par Nicolas Sarkozy au premier tour de l'élection présidentielle de 2007. Toutefois, entre les deux scrutins, l'électorat de la majorité présidentielle a enregistré des évolutions contrastées selon les territoires. C'est ce qui ressort d'une étude inédite réalisée canton par canton pour l'IFOP par Jérôme Fourquet, directeur adjoint du département opinion et stratégies d'entreprise, en lien avec le laboratoire MTG de l'université de Rouen.


Dans la partie ouest du pays, plus favorable en 2007 à Ségolène Royal et à François Bayrou, les listes de l'UMP ont renforcé leurs positions. En revanche, elles ont accusé un fort recul dans le Nord, l'Est et le Sud-Est, zones d'implantation historique du Front national (FN).

 

L'un des facteurs du succès de M. Sarkozy à la présidentielle tenait au fait qu'il avait su agréger à l'électorat de droite traditionnel une partie des électeurs du FN et d'un électorat populaire déçu de la gauche. Ce sont ceux-là qui, aujourd'hui, se détournent de l'UMP. Sans nécessairement retourner au FN.

 

Les pertes qu'enregistrent les listes de l'UMP par rapport au score de M. Sarkozy sont sensibles dans le Nord-Pas-de-Calais, en Picardie, en Moselle, dans le Haut-Rhin, ainsi que dans l'Eure, les deux départements de Savoie, en Isère et en Provence Côte d'Azur. "Tout se passe comme si, dans ces endroits, une part non négligeable de l'électorat gagné sur le FN à la présidentielle avait abandonné l'UMP", note M. Fourquet.

 

Le cas des Alpes-Maritimes est éclairant : en 2007, M. Sarkozy y avait enregistré un score supérieur de 21,6 points à celui obtenu cinq ans plus tôt par Jacques Chirac. Dans le même temps, Jean-Marie Le Pen avait perdu 12,6 points. Le 7 juin, l'UMP a reculé de 8,5 points sans que pour autant l'électorat retourne à l'extrême droite.

"L'électorat populaire et/ou anciennement frontiste déçu du sarkozysme s'est aujourd'hui placé en retrait du terrain électoral", analyse M. Fourquet. Ce phénomène de déshérence électorale, en partie liée à la nature du scrutin européen traditionnellement marqué par un fort taux d'abstention, n'est pas irréversible. L'élection municipale d'Hénin-Beaumont, avec ses particularismes locaux, peut avoir un effet de cristallisation.

 

Le résultat de cette élection sera regardé de près par l'UMP. C'est en effet dans ce type de régions populaires que le parti présidentiel espère enregistrer des gains lors des élections régionales de 2010. Il lui faut pour cela récupérer l'électorat qui le boude aujourd'hui.

 

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Par patriote-62 - Publié dans : Sarkozy - Communauté : Unité du Front National
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